Comment (bien) se préparer à l’arrivée d’un robot sur son exploitation

Préparer exploitation arrivée robot

Prise en main, adaptation à un environnement spécifique, rentabilité, efficacité sur le long terme, les questions soulevées par l’accueil d’une nouvelle machine agricole sont nombreuses… d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un robot ! Le succès de ce saut vers l’inconnu repose ainsi sur une bonne préparation et sur sa capacité à faire face au changement.

Si la robotique compte parmi les solutions d’avenir en agriculture, ces technologies sont encore peu répandues dans le paysage professionnel. Au gré des démonstrations, salons et retours d’expérience d’exploitants déjà équipés, les agriculteurs intègrent progressivement cette nouvelle réalité. Mais à l’approche de l’arrivée d’un robot chez soi, les interrogations se multiplient. Il est donc nécessaire de préparer son exploitation… et de se préparer soi-même !

Faciliter la rencontre entre le robot et l’exploitation

« Il est important de garder à l’esprit que la solution robot ne convient pas à tout le monde », rappelle Mathilde Ceaux, référente technique pour le maraîchage chez Naïo Technologies. « C’est pourquoi nous réalisons une visite préalable pour évaluer la possibilité pour la machine de s’adapter à l’exploitation concernée ». Parcelles morcelées ou paysage en dévers, parfois la configuration et la typologie des lieux ne se prête pas, en effet, à l’intégration d’un robot.

Mais une fois les contraintes techniques levées et l’adaptabilité de la machine validée, il faut préparer l’exploitation à l’arrivée du robot. Cela passe par l’aménagement des parcelles (création des zones de demi-tour par exemple), la préparation des planches de culture pour faciliter le passage entre les rangs, l’organisation du transport du robot d’une parcelle à l’autre, etc. La machine est indissociable de son cahier des charges, dont les conditions doivent être respectées au plus près pour éviter toute déception à l’usage. Et ce n’est qu’en consentant aux changements parfois nécessaires, que le travail pourra s’effectuer sereinement et que l’agriculteur pourra tirer tout le profit de son nouvel équipement .

Prendre le temps de s’apprivoiser

Valentin André, ouvrier agricole en maraîchage et arboriculture au Lycée Agricole et Horticole de St Germain-Chambourcy, entame sa quatrième année de travail avec le robot de désherbage Oz. « Il nous a fallu tâtonner, tester, nous adapter pour parvenir au résultat souhaité. Nous avions anticipé avant la livraison qu’il fallait écarter nos lignes pour permettre le passage, mais la première réfection n’a pas été suffisante partout, se souvient-il. Nous avons modifié le tracé de certaines planches la saison suivante et désormais, tout fonctionne très bien ».

Car si la montée en compétences se fait à l’épreuve du réel, l’état d’esprit sera déterminant dans l’adoption d’un robot : si l’on s’attend à un résultat optimum dès les premières sorties, mieux vaut passer son chemin. « La marge de perfectionnement, d’année en année, doit être intégrée par chacun dès les débuts. Elle repose sur les développements informatiques et mécaniques permanents réalisés côté Naïo, autant que sur la compréhension du fonctionnement de la machine et sa prise en main, qui s’améliorent au fil du temps côté agriculteur », souligne Mathilde.

Apprendre à faire confiance

Formation théorique, puis apprentissage pratique en conditions réelles, les exploitants travaillent de concert avec le constructeur. Les référents de Naïo restent toujours disponibles pour répondre aux questions, donner des indications ou solutionner sur le terrain les difficultés rencontrées. Et à force d’observation du travail du robot dans les champs, l’auto-formation se fait naturellement. Mais si le gain de temps escompté est bien au rendez-vous lorsque le robot travaille en autonomie, il faut s’attendre, au moins la première année, à réinvestir ce temps dans l’apprentissage.

« Il m’est arrivé à de nombreuses reprises de lancer le robot puis de travailler à autre chose à côté, pour vérifier que tout se passait bien, même quand ce n’était pas nécessaire. La confiance s’installe progressivement, lorsqu’on est rassuré sur ses propres capacités à programmer correctement la machine, et sur son aptitude à effectuer le travail qu’on attend d’elle », témoigne Valentin André. En tant qu’utilisateur aguerri, il peut à présent s’éloigner et laisser Oz désherber de manière autonome :« je sais qu’il remplit entièrement son rôle, que toutes les sécurités sont activées et que je peux travailler en parallèle sans inquiétude ».

La recette pour qu’entre l’agriculteur et son robot, la magie opère ? Peut-être se souvenir, justement, qu’il n’est pas magique. Qu’il est une machine agricole comme une autre, un nouvel outil un peu particulier qu’il s’agit d’apprendre à maîtriser avant de le laisser arpenter les rangs. Et garder à l’esprit que tout le succès repose sur un travail d’équipe : un trio formé par le robot, qui effectue les tâches pour lesquelles il est programmé; le constructeur, qui œuvre à l’améliorer en continu pour répondre aux besoins; et l’utilisateur, qui doit être prêt à changer quelques habitudes et s’ouvrir à de nouvelles pratiques.

En savoir plus sur le robot Oz et notre accompagnement : https://www.naio-technologies.com/oz/