Dino sur salades, de l’entrée au désert (de Yuma)

Dino Yuma

Après la découverte des ranches de Salinas il y a quelques mois, retour en terres américaines avec Dino, dans l’État limitrophe de la Californie, l’Arizona. Et plus précisément à Yuma, où la production de salades est délocalisée l’hiver.

Ici, la proximité du désert offre les conditions favorables pour faire éclore les salades d’hiver, avec une température avoisinant les 15 degrés aux mois les plus froids. De nombreux producteurs de Salinas (Californie) profitent ainsi de la complémentarité climatique entre les deux régions pour exploiter les terres agricoles de Yuma (Arizona) durant la période hivernale. Pour le robot de désherbage Dino en test sur place, il convient de s’adapter aux particularités locales et aux itinéraires techniques en vigueur à Yuma. Des essais effectués sur le terrain chez Top Flavor Farms, J.V Farms ou encore Mellon Farms, permettent à Naïo de mieux comprendre les besoins des producteurs de Yuma.

Spécificités agronomiques et culturales

Avec une moyenne de 45 degrés l’été, on y trouve une production de fruits supportant bien la chaleur (melon, poivron, pastèque) et surtout, des champs de luzerne ou de blé à perte de vue. Dès l’automne, ces cultures laissent progressivement place à d’immenses rangées de salades. Semées entre septembre et février, elles seront récoltées de fin novembre à mai. Taillées pour les cultures céréalières, les parcelles sont 2 à 3 fois plus vastes que celles de Salinas. « Ici, la période de production est relativement courte : il n’y a qu’un cyclecultural, toutes les surfaces sont plantées quasiment en même temps. Pour faire face, les machines travaillent presque 24h/24, il faut donc avoir une réflexion sur la robustesse du robot et son débit de chantier, Dino étant amené à intervenir de manière intensive » explique Simon Belin, Référent Technique de Naïo aux États-Unis.

Mark Siemens, chercheur à l’Université d’Arizona dans le domaine de l’agriculture mécanisée et de précision, et qui collabore avec Naïo sur place, abonde : « Pouvoir désherber 40 acres (un peu plus de 15 hectares) par jour serait très utile, soit par l’augmentation de la largeur du robot, soit par l’accroissement de sa vitesse. »

Autre aspect typique de Yuma, le système d’irrigation, dans cette zone désertique où il pleut moins de 50 mm par an. « L’eau arrive par des canaux depuis le fleuve Colorado, puis le champ est inondé pour que les salades aient les pieds dans l’eau » détaille Simon. Les planches sont donc dimensionnées de manière à ce que toutes les salades aient accès à l’eau. « Avec des planches plus petites qu’ailleurs, il faut adapter la taille et l’écartement des outils de désherbage sur Dino, pour qu’il enjambe deux planches de 42 inch (soit environ 107 cm) par exemple, et donc repenser son débit de chantier. »

Vers des flottes de robots dans les champs de salades ?

Il faut ajouter à cela le choix des producteurs de Yuma de semer plutôt que de planter les salades. Alors que les plants forment des rangs réguliers avec des laitues bien calibrées, les semis donnent des parcelles plus hétérogènes, avec des salades de différentes tailles. Dans ces conditions, le désherbage sur le rang est un défi de plus pour Dino. Si Mark Siemens se dit « impressionné par sa capacité à différencier les cultures des mauvaises herbes et naviguer avec précision dans les parcelles enherbées », le point fort de l’enjambeur réside selon lui dans les nouveaux outils actifs de désherbage inter-plant, tout juste développés par Naïo. « J’ai hâte de voir cette technologie en fonctionnement. Elle offrira un avantage significatif au robot par rapport aux équipements conventionnels. »

Après les premières démonstrations, les producteurs de salades de Yuma entrevoient le potentiel de Dino : pour gérer une période de production resserrée, sur d’importantes surfaces cultivées, apporter des solutions aux problématiques de rareté et de coût de la main d’œuvre, ils se verraient bien installer des « flottes » de robots autonomes de désherbage dans leurs champs. « D’ici quelques années, on pourrait imaginer une personne gérant 2, puis 5, puis 10 Dino sur plusieurs parcelles en même temps, contrôlés à distance par un opérateur unique », projette Simon.

D’ici là, Mark Siemens évoque les pistes d’amélioration qui pourraient achever de convaincre le marché américain : « Équiper le robot d’outils supplémentaires pour, en plus du désherbage, réaliser de la pulvérisation localisée, évaluer la pression des insectes ou détecter les maladies, estimer les prévisions de rendement… » De quoi nourrir la réflexion quant aux futurs développements de Dino !

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