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Portrait de Dimitri Venant-Hermouet, maraîcher bio « Les légumes de la rivière » (79)

Le 7 mars 2016

Portrait de Dimitri Venant-Hermouet, maraîcher bio « Les légumes de la rivière » (79)

Chaque mois, retrouvez une parole de maraîcher qui vous raconte son quotidien, ses problèmes liés au sol, au désherbage, à l’interculture, à la planification… et ses solutions à tester !

Ce mois-ci, retrouvez Dimitri Venant-Hermouet, maraîcher bio à PRIN DEYRANCON (79). Il nous parle de sa gestion de la planification, de la rotation de ses cultures, et de l’aide d’un robot pour le binage, le déhserbage et l’assistance pour porter des poi(d)s. Parole de maraîcher !

Dimitri, présentez-nous votre exploitation svp…

Je me suis installé en 2011 dans l’exploitation familiale céréalière, qui était alors entièrement en conventionnel. J’ai créé le maraîchage bio à mon arrivée, et les céréales ont été converties au fur et à mesure.

Aujourd’hui, j’exploite  avec mon associé et sa conjointe 90 ha, dont 5 ha de maraîchage, et tout est bio ! Nous produisons la plupart des légumes : 60 espèces différentes (dont plusieurs variétés), tous les légumes possibles sont présents, avec du coup des légumes tout le long de l’année.

Au niveau de la distribution, nous vendons nos légumes à 90% en vente directe, sur un étal sur le bord d’une route départementale, deux  fois par semaine. Le panier moyen s’y élève à 12/13 €.

Nous vendons également 10% de nos légumes via La Ruche qui dit Oui !, et un peu de surplus en magasin bio.

Nous avons aussi développé une manière de vendre nos légumes assez originale en région rurale : la libre cueillette. Depuis 2012, pendant les mois d’été, nous ouvrons notre exploitation une journée et demi par semaine à nos clients à qui nous remettons sécateur, couteau, brouette et plan des champs pour qu’ils puissent aller cueillir par eux-mêmes leurs légumes. Cela revêt un double intérêt : tout d’abord, les clients découvrent directement ce que nous cultivons et comment nous le faisons grâce à des petits panneaux, mais cela nous octroie aussi un gain de temps énorme. Du coup, nous proposons des prix au kg entre 20 % et 50% moins chers par rapport à la vente sur l’étal, réduction qui correspond au temps de récolte que les légumes prennent (et que nous gagnons !). Par exemple, pour les haricots verts qui sont longs à récolter, les clients bénéficient de 50% de réduction. Munis de leur brouette, le panier moyen représente par contre le double de celui vendu en étal, car nos clients ont tendance à la remplir 😉

Pour ce qui est des céréales, nous revendons via les coopératives, sauf une partie des lentilles en vente directe sur l’étal.

Comment gérez-vous la planification de vos cultures ?

Au départ, cela s’est fait au hasard, on semait et on plantait tout en fonction de la saison.
Au début, je ne savais pas ce que j’allais vendre en direct, je ne savais pas combien de plants je devais acheter…  J’ai réalisé une étude de marché qui m’a un peu servi, mais qui restait une base pour la planification : on a du s’adapter en affinant nos besoins de semis et de plants selon les ventes de l’année précédente.

A mes débuts, j’avais créé un petit blog sur internet, avec un formulaire à remplir pour connaître les habitudes alimentaires de nos futurs clients et savoir quels types de légumes ils mangeaient. J’avais fait des petits papiers avec l’adresse de ce blog que j’ai distribués dans les boites aux lettres dans un rayon de 15km autour de mon exploitation : j’ai récolté 150 réponses sur lesquelles je me suis basé pour la production. Les adresses email m’ont servies à faire connaitre mon étal : du coup, dès les premiers marchés, j’avais déjà mes premiers clients, auxquels se sont greffés les curieux qui passaient devant en voiture.

Aujourd’hui, notre clientèle est plus stable, ils connaissent l’étal.

Comme je connais maintenant mes ventes,  je sais que je dois mettre à peu près deux serres de légumes ratatouilles (poivrons, aubergines, courgettes, tomates…), soit environ 1000 m² pour les besoins d’une saison.

Pour planifier mes cultures, je me sers des commandes des années précédentes pour connaitre ce que je dois planter ou semer, et chaque année cela reste assez identique. J’ai un carnet où je note tout ce que je fais. Mais comme nous sommes sur du naturel, et que l’on n’a pas un stock prédéfini, la planification n’est pas si facile étant donné que l’on peut perdre plus de récolte par maladie, où à cause d’une météo moins clémente.

Pour la rotation, je me base sur mon plan A3 papier : j’inscris chaque année sur ce plan où je positionne mes cultures, par rapport aux précédents culturaux. Par rapport aux maladies du sol et des feuilles, et par rapport à ce que la précédente culture a donné, je fais tourner mes cultures. Par exemple, après une légumineuse, je mets une culture feuille, je ne mets pas la même famille de légumes une année sur l’autre.

Vous utilisez le robot Oz pour vous accompagner dans le désherbage : qu’est-ce que cela change au quotidien ?

Je l’utilise principalement en pleine saison et en plein champ, sur terrain gras. Avec l’arrivée du robot, j’ai pu mettre un peu plus de culture d’automne et d’hiver, des légumes de conservation : pommes de terre, oignon, ail, échalotes, poireaux, choux….  Sur ces cultures qui me prennent beaucoup d’espaces, que je plante de l’automne au printemps, et que je fais en grosse quantité, le robot m’aide énormément pour le binage et le désherbage.

Je ne l’utilise pas encore sur mes cultures d’été non car je les plastique, et que nous devons le tester sur suivi de bâche très bientôt.

Grâce au robot, j’ai vu le temps gagné en fin de saison dernière sur les choux notamment : je n’avais plus d’herbe du tout ! La machine travaille, et je peux faire autre chose pendant ce temps !

Que pensez-vous de l’entrée de la robotique dans l’agriculture ?

C’est plutôt une bonne chose pour réduire la pénibilité des tâches et améliorer les conditions de santé (le mal de dos par exemple !).

Il ne faudrait pas que la robotique prenne la place de la main d’œuvre, mais sur des travaux de désherbage ou de binage, le travail n’est pas facile à effectuer, et trouver de la main d’œuvre est très compliqué pour ce type de tâche…

Avec l’arrivée de ce robot, cela est beaucoup plus agréable car plus flexible : on désherbe exactement quand on en a besoin !

Sur de l’aide à la récolte, le robot est également intéressant en mode suivi, avec un cageot sur son dos : il aide pour le maraicher lui évitant de porter des charges trop lourdes sur de longues distances. Cela fait une grosse différence pour distribuer les plants à planter, ou à l’aide à la récolte pour les tomates par exemple, sous serre.

 

Pour retrouvez Dimitri et ses légumes bio :

  • Par Naïo Technologies  0 Commentaires   

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